jeudi 24 septembre 2009

Une autoroute pour délimiter les villes de Goma et Gisenyi


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By Déo Mungongo

Gisenyi: Toutes les maisons construites dans la zone neutre entre les villes de Goma (RDC) et de Gisenyi (Rwanda) doivent être détruites, au profit d’une autoroute de 12 mètres de larges de part et d’autre de la frontière officielle qui devrait marquer physiquement les limites entre les deux pays.

En effet, rien ne sépare Goma, ville congolaise de Gisenyi, ville rwandaise. Difficile de savoir si on est bien en présence de deux pays différents d’autant plus que la frontière n’est pas claire. Il se trouve que de nombreuses constructions anarchiques ont envahi cette zone, censée pourtant être neutre entre les deux pays.

« C’est difficile de savoir si nous sommes au Rwanda ou au Congo ! Partout il y a des maisons. Toutes ces gens disposent des certificats ! Ça, c’est un désordre organisé, » s’est exclamé un jeune homme que nous avons rencontré dans cette soi-disant zone neutre.

Pour mettre fin à ce «désordre organisé», les dirigeants du Rwanda et de la République démocratique du Congo ont décidé de construire une autoroute de 12 mètres de large. Elle ira de part et d’autre des bornes frontières. Cela nécessitera des destructions tellement que la zone qui devrait séparer les deux pays a été envahie par des habitations aussi bien du côté rwandais que du côté congolais.

Problème d’indemnisation


En ce qui concerne l’indemnisation, le problème ne se pose pas avec la même acuité de deux côtés de la frontière. Il se trouve que les Rwandais qui ont construit sur la zone de démarcation ont tous obtenu des documents officiels pour le faire. Du côté congolais, ce sont des constructions à proprement parler anarchiques. Le gouvernement est-il en droit de payer aux personnes qui n’avaient aucun droit de propriété ? On apprend que l’option que semble prendre les autorités urbaines de Goma, c’est celui du déguerpissement.

«Au niveau du Rwanda, ils ont déjà indemnisé tous ceux qui seront sanctionnés. Mais ce sont des gens qui avaient obtenu des documents administratifs chez eux. Mais, chef nous, les gens n’ont pas obtenu des documents. Donc, il sera hors de question que quelqu’un réclame des indemnisations là où il a construit sans autorisation», a déjà fait savoir le maire de Goma, Rachid Tumbula, qui a déjà donné l’ordre à ces occupants anarchiques de quitter les lieux.

Les personnes concernées que nous avons rencontrées admettent que la construction d’une autoroute vaut tout son pesant d’or. «Mais, l’Etat devrait penser à indemniser ceux d’entre nous qui disposons des titres de propriété obtenus régulièrement. Le cas échéant, c’est de l’arbitraire, » a déclaré Prospère Muhindo, la soixantaine grisonnante, qui vit avec son épouse et ses trois enfants dans une maison construite dans ce "No man’s land."

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